COURAGE, VIVONS !

Publié le par severine

Double événement comme chaque année à cette période ;

le Printemps des Poètes, du 7 au 23 Mars, et la journée des droits des femmes, le 8 mars. Ce sera d'autant plus aisé de lier les deux cette année étant donné que le thème du Printemps des Poètes 2020 est le Courage ; "femme courageuse" : pléonasme ! (sachant qu'il y a toujours des exceptions qui confirment la règle, nous sommes d'accord).

 

Le courage... Ce n'est pas uniquement être à l'origine de gestes héroïques ; c'est aussi pour beaucoup de femmes d'autres temps ou d'autres latitudes, vivre malgré tout.

Vivre sans espace pour exister au sein d'une société (sauf celui de potiche, de tirelire, de poule pondeuse, d'esclave ou de pâtisserie), en se créant son propre espace pour Être, quand tant d'autres (hommes ou femmes) se contentaient de paraître.

 

Cette année, sur fond mélancolique de Brexit, j'ai envie de rendre hommage à des héroïnes anglaises, réelles ou de fiction.

Des héroïnes réelles comme ces auteures qui écrivaient en cachette ou publiaient leurs écrits sous pseudonymes masculins, ces auteures qui à défaut de dot ont vécu une vie affective ou une vie plus juste à travers leurs œuvres, permettant ainsi aux mentalités d'évoluer. Ces auteures qui malgré des deuils et des santés fragiles ont continué à pratiquer leur art comme un baume, jusqu'à la mort, nous léguant des créations imprégnées de la substantifique moelle de leur Vie. Et des héroïnes de fiction ; prolongations de leurs auteures, qui parvenaient à faire fondre les diktats du patriarcat et des bonnes convenances jusqu'à la concrétisation de leurs aspirations profondes, jusqu'à l'accès au Graal de l'épanouissement qui guérit et mène à la félicité de tous (avec, comme par hasard, l'aide de la vie qui va dans leur sens).

 

Voici donc mon petit panthéon féminin britannique ; auréolé d'un romantisme que j'assume totalement ! Un peu de romantisme ne fait pas de mal par les temps qui courent.

 

Chaque paragraphe contient des liens vers la biographie ou le travail de l'héroïne concernée.

C'est toujours intéressant de farfouiller un peu dans la vie de ces femmes ; il y a malheureusement souvent des événements tragiques, mais chacune assumait de vivre pleinement son unicité, dans la modestie et la discrétion, ce qui a, étrangement ou pas, permis qu'on parle encore d'elles aujourd'hui.

Jane Austen (1775-1817) écrivait en cachette et publiait sous pseudonyme masculin ! Elle a pu gagner un peu de sous grâce à ses écrits bien qu'étant femme (femme brillante !), mais ne put épouser l'homme qui lui plaisait par faute de dot...

Auteure fétiche en Angleterre, elle est considérée comme la mère du roman moderne, excusez du peu ! Elle mourut assez jeune, des suites d'une maladie, en bonne romantique... J'avoue que je n'ai lu aucun de ses romans, mais j'ai été plus que touchée par le récit de sa vie, et par sa détermination à exister en projetant cette vie en avant à travers son art, à tel point qu'on parle encore d'elle aujourd'hui ! Elle pratiquait l'art d'être rebelle avec subtilité, en évoluant dans une société dont elle respectait les règles, tout en dérogeant à la règle ; le meilleur moyen d'amener ceux d'après à s'interroger sur leurs idées reçues... Admiration.

LES LIENS : la vie de Jane Austen, son œuvre en 4 émissions radiophoniques.

Je vais faire d'une pierre trois coups avec Jane Eyre de Charlotte Brontë (1816-1855), et son incarnation au cinéma par Charlotte Gainsbourg, moitié anglaise.

La vie de Charlotte Brontë fut parsemée de deuils, mais riche d'écrits personnels ou en fratrie.

Elle publia ses écrits sous pseudonyme masculin, elle aussi, et s'inspira de sa vie pour écrire Jane Eyre, jusqu'à la dureté des établissements éducatifs qui eurent raison de la vie de ses sœurs aînées.

Elle décéda jeune elle aussi, comme toute héroïne romantique qui se respecte.

Jane Eyre ; une des plus belles histoires d'amour littéraires, où l'intelligence, l'honnêteté, le courage et l'indépendance d'esprit d'une orpheline modeste (et qui dessine) la rendent digne d'amour malgré son siècle (amour réciproque et couronné après tant d'épreuves).

Qui pouvait mieux que Charlotte Gainsbourg incarner Jane Eyre à l'écran ?!

Un message aux jeunes filles d'aujourd'hui : la féminité et la puissance ont mille visages ; à chacune de trouver en soi ceux qui lui correspondent. Alors pas besoin de s'habiller, de se maquiller ou de se comporter comme Kim K.. La féminité et la puissance peuvent rayonner de l'intérieur, et puissance ne signifie pas aptitude à dominer les autres, mais aptitude à se conduire dans la vie. Merci Charlotte Gainsbourg !

LES LIENS : la biographie de Charlotte Brontë, son roman Jane Eyre, l'adaptation radiophonique du roman en 10 épisodes, la bande-annonce de l'adaptation cinématographique de 1996.

Tant qu'on est dans les films ; on continue avec FireLight (1997), inspiré de Jane Eyre sous certains aspects, où l'on découvre ce qu'une femme peut être amenée à faire pour sauver l'honneur de son père, et comment une gouvernante peut éduquer une (son) enfant, pour lui éviter le même sort, par le biais de cartes aquarellées... J'adore. L'Angleterre est le Royaume de l'aquarelle !

LES LIENS : le synopsis du film, un extrait.

Tant qu'on est dans les aquarelles ; célébrons Edith Holden (1871-1920), illustratrice et aquarelliste-naturaliste de grand talent, la meilleure pour moi, parce qu'elle peignait la flore et la faune de sa belle campagne anglaise, enrichies de l'amour qu'elle leur portait ; une merveille...

Fille de fabricants de couleurs, elle était aussi medium spirite.

The country diary of an Edwardian Lady, journal naturaliste de l'année 1906, a dépassé le million d'exemplaires vendus dans le monde ; là-bas c'est un cadeau incontournable à faire aux personnes aimées, à tel point que la vie d'Edith Holden fut adaptée en série télévisée !

Edith Holden est décédée à 50 ans, en cueillant des chattons de châtaignier sur les bords de la Tamise... Une fin digne d'une héroïne de roman.

LES LIENS : le site anglais dédié au livre, un article sur la série télévisée, la biographie d'Edith Holden.

Tant qu'on est dans la nature ; une jolie histoire, Le jardin secret de Frances Hodgson Burnett (1849-1924), où Mary Lennox, jeune orpheline, s'éveille à la Vie au contact de la Nature, avec un effet boule de neige sur son entourage ! C'est la jolie métaphore du jardin-vie à l'abandon qu'on défriche et cultive pour en faire un petit paradis intérieur... Fabuleuse petite Mary.

Évitez l'adaptation cinématographique de 2020 qui tue la poésie à grands coups d'effets spéciaux et de caméra volante ; préférez la version de 1993, avec la choupinette Kate Marbely ; une merveille d'authenticité ! Plus c'est simple, plus c'est poétique, cf la Belle et la Bête de Jean Cocteau.

LES LIENS : le roman, la bande-annonce du film de 1993, un extrait du film.

Tant qu'on est près des enfants ; on pensera à Mary Poppins ! Écrit par Pamela Lyndon Travers (1899-1996), une américaine certes, mais l'histoire se déroule en Angleterre.

Je préfère l'adaptation de Disney au roman, avec la féerique et pétillante Julie Andrews, anglaise elle-même !

Mary Poppins incarne toute la petite magie facétieuse et spontanée dont les femmes sont capables pour recadrer les situations et résoudre les problèmes. Poppins n'a pas besoin de militer pour le droit de vote avec Mme Banks ; elle est Fée, une Fée qui a intégré depuis longtemps son indépendance et sa force créatrice ; elle est sa propre patronne !

LES LIENS : un extrait du film, le roman.

Tant qu'on danse avec les Fées, les toutes petites femmes de l'Invisible ; je pense aux Fées de Cottingley, ces fameuses photos truquées de Fées prises par deux fillettes anglaises en 1917 (une des deux fillettes a cependant toujours prétendu que la 5° photo était vraie, jusqu'à sa mort...).

Vraie ou pas, je veux bien croire qu'il y a des Fées à Cottingley, et qu'elles jouaient avec des enfants ; comment et pourquoi se montrer à de vieux barbons... ?!

Un joli film raconte cette histoire, Fairy tale a true story ; un cocon de poésie dans l'esprit de l'adaptation cinématographique du Jardin secret. Les toutes petites Fées apaisent et rassurent par la poésie qu'elles rayonnent ; les 5 photos des Fées de Cottingley ont d'ailleurs eu ce même effet sur beaucoup de personnes, comme un baume après la guerre.

LES LIENS : la bande-annonce du film, un article sur la vente de clichés originaux en 2019, toute l'histoire.

Fées toujours, avec une auteure-illustratrice bien connue pour ses Fées des fleurs ; Cicely Mary Barker (1895-1973) ! Il y a quand même quelques femmes qui ont percé dans l'illustration en Angleterre à cette époque (on les cherche en France).

Sa santé plus que fragile et son immense modestie ne l'ont pas empêchée de publier très tôt ses dessins, eh oui ! Ses petits êtres ailés continuent à être publiés, plus que jamais j'ai envie de dire ; (re)découvrez-les avec délice, impossible de s'en lasser !

LES LIENS : la biographie de CMB, ses petites Fées à l'aquarelle.

Une autre auteure-illustratrice, à la pure sauce anglaise parfumée de cottage au jardin débordant de de roses trémières : Beatrix Potter (1866-1943), et sa petite ménagerie vêtue à la mode de l'époque !

Petite, j'avais Le tailleur de Gloucester, où des myriades de petites souris cousaient et brodaient, tout en se faufilant entre les tasses en porcelaine anglaise du vaisselier... Travail tout en finesse ! Beatrix Potter, dans toute sa modestie, disait qu'elle ne savait que reproduire des choses existantes en dessin...

Elle devait épouser son éditeur (mr Warne de Warne & Noble), qui décéda avant leur mariage... Encore un drame, encore la pratique artistique qui apaise puis gomme la solitude, avant le baume d'un nouveau mariage qui répara tout.

LES LIENS : un site dédié à Beatrix Potter et à son travail, l'adaptation cinématographique de sa vie (je ne l'ai pas vue, mais j'en ai eu de très bons échos !).

Et pour clore la visite de mon petit panthéon féminin britannique,

une héroïne de comédie musicale plutôt rigolote ; My Fair Lady (Pygmalion, 1914) !

On ne la présente plus : Eliza Doolittle, qui passe littéralement de la rue à la bonne société via l'apprentissage du langage et des bonnes manières à l'occasion d'un pari déplacé entre bonshommes... Pris à leur propre piège !

C'était très facile de dire que les femmes étaient niaises et grossières du temps où on leur interdisait toute forme d'éducation, ou du temps où l'éducation était réservée aux classes supérieures de la société...

Eliza fut incarnée à la scène par la Fée Julie Andrews, et à l'écran par la fragile Audrey Hepburn. Comme dans Mary Poppins, on est au temps des suffragettes !

LES LIENS : l'histoire de la comédie musicale et du film, un extrait de la comédie musicale, la bande-annonce de l'adaptation cinématographique.

On terminera par le Printemps des Poètes, et un poème de circonstance pour se détendre loin des messages anxiogènes du moment ; la poésie, la beauté, l'émerveillement, la nature et la fraîcheur sont les meilleurs remèdes aux bobos du cœur et de l'âme ; que la poésie et la tendresse soient avec vous, savourez pleinement tout ça, et pour prolonger le romantisme : ouvrez grands les yeux ; les violettes odorantes, si petites si discrètes mais si parfumées, pointent le bout de leurs pétales   :)

LES LIENS : le Printemps des Poètes 2020, un poème de François Cheng sur le Féminin.

 

Niveau illustration : j'aurai des choses à vous montrer fin avril, d'autres fin mai, et d'autres en septembre. À suivre.

                 

Publié dans COUPS DE COEUR

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