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211 articles avec coups de coeur

SOBRIÉTÉ HEUREUSE : SANS GASPI, LA FÊTE EST PLUS JOLIE !

Publié le par severine

Suite à l'écoute d'une émission économique ("une planète à nourrir" ; tuyau par une copine), j'ai eu l'envie de revenir un peu sur la notion de "sobriété heureuse", exemples à la clef. Si après cet article la sobriété heureuse reste pour vous synonyme d'austérité et de sacrifice, je m'en remettrai à la malice de votre "petit mouflet intérieur" pour vous ouvrir à tout ça au fil du temps.

En ce qui me concerne, je suis arrivée à la sobriété heureuse par les humbles revenus liés à ma profession : c'est là que la créativité, le sens, la poésie, l'originalité et la saveur se sont invités en grande pompe au quotidien (cet état de fait donnant aussi du sens aux difficultés ; l'atout majeur pour apaiser l'incompréhension et les colères, ce ce qui se révèle être bien plus confortable).
Le principe de la sobriété heureuse c'est quoi ; aller à l'essentiel, fabriquer, transformer, recycler, réparer, échanger, acheter en seconde main, réfléchir avant d'acheter (d'où ça vient, qui l'a fait, dans quelles conditions, en quelles matières, à qui iront les sous, en ai-je vraiment besoin-envie, etc). C'est épargner le plus possible les ressources de la planète, pour notre survie et celle des générations à venir, tout en apprenant de nouvelles choses, et tout en donnant du sens et des couleurs à la vie.

Ci-dessous je m'en vais partager avec vous un petit florilège d'activités "sobriété heureuse" ; à chacun de trouver celles qui correspondent le mieux à sa personnalité (c'est un joli moyen de se (re)découvrir aussi). La spécificité de ces activités est de coûter trois cacahuètes, voire rien du tout  ; autant de sous de libérés pour acheter au marché de bons légumes et fruits issus de l'agriculture raisonnée locale (et votre santé et la planète vous feront des bisous).

 

Dans ma besace magique j'ai donc :

- des cotons à démaquiller lavables, en vieux tee-shirts et serviettes éponge, (adieu l'effet pandi panda après le cinéma),
- plein de choses à réaliser au crochet (Père Noël j'aime la laine dans mes souliers),
- fabriquer ses sacs (l'art de frimer avec ses vieilles fringues usées adorées),
- pleurer de joie avec la teinture aux pelures d'oignons (de jolis cadeaux maison),
- crocheter des tawashis lavables pour la vaisselle, en vieux tee-shirts et ficelle (pour ne plus jamais jeter l'éponge),
- cuisiner les épluchures pour régaler ses amis (vous aimerez l'effet peau d'orange),
- cuisiner tout court, pour moins d'emballages et moins de chimique (c'est trop de la tarte),
- cueillir des plantes pour ses tisanes, peu et pas au même endroit (une petite tasse de  "pisse-mémé" ?),
- troquer des boutures lors de trocs aux plantes, avec ses amis ou sa famille (la forêt vierge à domicile),
- cueillir des feuilles à l'automne pour réaliser des herbiers, carnets compris (se presser demande du temps),
- cueillir des plumes lors de la mue estivale (pour ne plus se faire plumer),
- s'offrir et offrir des objets de seconde main aux puces, sur les vide-grenier, en ressourceries (les plaisirs démodés),
- fabriquer sa corbeille à papier récup' (pour que ça cartonne),
- lire, des livres troqués dans les boîtes à livres, ou dénichés aux puces et dans les librairies d'occasion (devenez un rat de bibliothèque),
- recopier de jolis poèmes et citations issus de ces mêmes livres dans des carnets (l'encrage des jours),
- récupérer les couvertures de ses carnets de jeunesse pour y recopier les poèmes en question (on efface et on recommence).

De quoi occuper ses week-ends, ses longues soirées d'hiver ou ses moments entre amis ! Et j'écris cet article en sirotant le jus de cuisson de ma courgette de midi, conservé dans ma petite thermos (bien meilleur qu'un red bull ; avis aux jeunes de passage par ici avant leurs examens).
Conclusion : la créativité, le rêve, la poésie, la tendresse et l'originalité ne s'achètent pas ; ils se fabriquent et se partagent ! Ce qui est plutôt une bonne nouvelle, non ?

On en vient maintenant aux petits plus à lire et à écouter, pour se forger son propre avis sur tout ça ; cliquez sur les vignettes en tête de chaque paragraphe pour accéder aux contenus :

On commence tout doux mais fort, avec un joli conte de Maurice Carême, "Le magicien aux étoiles", extrait des "Contes pour Caprine" (primés en 1947). Impossible de ne pas faire le rapprochement avec la situation environnementale actuelle ; on vérifie, une fois de plus, la pré-science et l'intuition sans failles des poètes, gentiment qualifiés de ravis de la crèche (ravis mais loin d'être couillons, à bon entendeur...).

On en vient ensuite à cette génialissime émission radiophonique économique  :  "une planète à nourrir" ; fabuleuse de clarté et de bon sens (un enfant de 4 ans comprendrait). S'il n'y avait qu'une émission à écouter pour bien comprendre les enjeux environnementaux, c'est bien celle-là ! Merci France Culture !

Et pour s'inspirer un peu plus niveau sobriété heureuse  ; deux de mes anciens cahiers réalisés pour Hugo l'escargot (à vous de leur demander de réparer les liens de téléchargement vers mes livrets documentaires de 15 pages chacun ; mes démarches demeurent vaines). Et un petit livre (illustré par votre "serviteuse") pour s'ouvrir au fléxitarisme/végétarisme ; je suis végétarienne depuis 9 ans, je n'ai pas de carences, je suis plus proche d'une taille 40 que d'un 38, et je suis toujours aussi gourmande, si ça peut vous rassurer.   ^^   Le tout étant d'y aller pas à pas. J'ai déjà arrêté la viande rouge, puis la blanche (environ 2 ans avant les 9), puis j'ai finalement arrêté le poisson et les crustacés pour aller au bout de la démarche ; je n'y pense même plus aujourd'hui tellement ça ne me manque pas !

Voilà, sur ce, bonne écoute, bonnes lecture et expérimentations de tout ça ; pour apprendre à faire de nouvelles choses il y a la famille, les amis, les ateliers des ressourceries et des festivals nature, les tutoriels sur le net, et les livres de la bibliothèque ! On peut aussi se lancer au p'tit bonheur la chance ; ça marche très bien.   :)  À vous de jouer maintenant, dans tous les sens du terme !

Publié dans COUPS DE COEUR, BRICOLAGES

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SOBRIÉTÉ HEUREUSE ET ENVELOPPE MAGIQUE

Publié le par severine

Encore un petit article coup de cœur, pour partager des informations qui pourraient se révéler utiles d'ici le 26 mai prochain.
Pourquoi aller voter le 26 mai prochain ? Parce que 80% des lois environnementales viennent de l'Europe... ! Et en toute honnêteté intellectuelle, la seule chose qui pourra  : premièrement, rassembler les uns et les autres en transformant les différences en créativité plutôt qu'en peur, deuxièmement, ré-insuffler la notion du sacré (indépendamment des religions) et du sens dans nos sociétés occidentales esclaves de la consommation et du gaspillage ; c'est bien le rassemblement des forces et des idées autour de la préservation de l'environnement ; le milieu dont nous sommes tous issus, et dont nous sommes totalement dépendants pour survivre. La Vie est régie par un fonctionnement cyclique ; s'extraire de son cycle "vie/mort/vie", c'est s'arrêter à l'étape "mort" (l'étape de "vie" correspondant au temps de régénération indispensable à toutes choses).

Rien n'est perdu, si on fait ce qu'il faut MAINTENANT, en arrêtant de se comporter comme une bande de sales gosses égoïstes et immatures. Le jeu en vaut la chandelle pour pouvoir continuer à attendre amoureusement le retour des hirondelles, du coucou et des martinets noirs chaque année.
Il ne faut pas se leurrer, l'avenir sera sous le signe de la "sobriété heureuse".
On a tort de penser que "sobriété heureuse" est synonyme de sacrifice. On sait tous qu'on consomme pour compenser des manques d'estime, d'affect ou de sens. La sobriété heureuse est une clef essentielle pour combler ces manques : testé et approuvé depuis des années ; et ça fait tache d'huile!

Deux petits exercices pratiques de sobriété heureuse pas si anodins que ça ; à petite échelle ils font vraiment leurs preuves, en permettant d'installer dans l'inconscient personnel et collectif la possibilité d'un fonctionnement plus ludique, plus humain, plus satisfaisant, plus riche et plus créatif (car éloignant de l'uniformisation qui vampirise le meilleur de tout un chacun). Sans parler du respect de l'environnement et des économies réalisées! On va donc reparler des trocs aux plantes et des boîtes à livres :

Ce week-end, avec mon petit panier (2€ au vide-grenier) ; j'ai pu troquer 2 boutures de misère et une bouture de chlorophytum contre une bouture de pothos, une de cactus de Noël, et une de crassula ! L'an dernier il y a avait surtout des plantes potagères ; le principe fait visiblement son chemin dans les cœurs et les esprits vue la diversité des boutures cette année! Pensez à la Fête de la Nature et au site Trocs aux plantes pour vous y mettre.

Et toujours et encore, pour renouveler sa bibliothèque ; les trocs via les boîtes à livres, qui cartonnent ici, et dans lesquelles on peut faire des trouvailles incroyables, comme ces contes espagnols de Paul Sébillot (qui visiblement n'a pas étudié que la Bretagne). Vive les contes!

Tous ces nouveaux fonctionnements basés sur le troc et la seconde main laissent la part belle au "hasard" ; qui est en général vecteur de belles surprises! C'est peut-être ce qui nous manque le plus de nos jours : le plaisir de la surprise. En commençant par des petites choses de cet ordre, on transforme bien vite son mode de vie, on se réapproprie sa vie en s'y investissant jusque dans le moindre petit repli, et tout ça fait du bien niveau personnel et niveau collectif : on s'offre la possibilité d'exister, sans avoir besoin de paraître. C'est ça le véritable luxe   :)   Je ne dis pas que la vie deviendra idyllique (ce qui n'est pas le but de la vie), mais je promets qu'elle sera bien plus douce.

 

Pour appuyer tout ça, voici d'autres émissions radiophoniques au sujet de l'environnement et du bien-être, les deux étant indissociables (bien moins de fake news et de trolls sur France inter que sur les réseaux sociaux... Se servir de son cerveau, de son sens critique et de son intuition n'est pas interdit) : Cliquez sur les vignettes

Une première sur les enjeux des élections européennes niveau environnemental, où l'on développe les ficelles du fonctionnement du parlement européen, et où l'on évoque certaines avancées ou certains blocages qui se jouent là-bas.

 

Un lien vers une démarche citoyenne née de l'esprit d'un groupe d'astronautes, et relayée par de grandes figures de l'écologie et par la jeunesse ; le but étant de proposer des décisions écologiques concrètes et franches aux futurs parlementaires de l'union européenne.

 

Une seconde émission, où l'on traite d'un vaste sujet grâce au forestier allemand Peter Wohlleben : "Pourquoi la nature peut sauver le monde ?".

 

 

Une troisième, pour les sceptiques, où l'on présente quelques preuves scientifiques des bienfaits de la nature sur notre santé mentale et psychique (les adultes ont autant besoin d'être rassurés que les enfants ; les uns par la science, les autres par l'image et la poésie).

 

Et une dernière, qui complète une émission précédente : deux heures où Boris Cyrulnik et ses invités parlent de résilience et de poésie ; soit comment faire pour avancer malgré ses traumas et ses blessures (comment transformer l'inertie ou la violence en créativité en un mot).

 

Bonne écoute/cogitation, et bon vote dimanche prochain pour déposer votre petite enveloppe magique dans les urnes de vos villes (l'occasion d'aller au marché, de faire une balade dans un parc ou en nature, ou de faire un tour aux puces)!

Publié dans COUPS DE COEUR

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LE TEMPS DES REBÂTISSEURS

Publié le par severine

 

Le lendemain de l'incendie qui s'est déclaré à Notre-Dame (en pleine semaine pascale ; ça sent le Phoenix qui va renaître de ses cendres, « si on ne se loupe pas » bien entendu), j'ai ressorti de ma bibliothèque et relu, un petit livre de poche que je m'étais procuré en 2000  :
« Le message des constructeurs de cathédrales » de Christian Jacq, docteur en égyptologie.
Quel rapport avec l’Égypte me direz-vous ? Eh bien les fondements des religions judéo-chrétiennes et de leur ésotérisme (dont l'alchimie et la Tradition initiatique des bâtisseurs de cathédrales) ont largement emprunté à cette dernière.
Cet ouvrage édité en 1974 tient lieu de pain béni en cette période sans queue ni tête que nos sociétés occidentales en quête de sens semblent traverser. La vision du Sacré, de la société et du monde selon le Moyen Âge est plus qu'éclairante à ce sujet, ne dissociant jamais l'individuel du collectif, l'intérieur de l'extérieur, la matière du divin.
J'avais laissé un ticket de métro à cette page ; avis à celles et ceux qui croient encore à la gratuité du « hasard » :

Hommes grossiers, écrivait Michelet, qui croyez que ces pierres sont des pierres, qui n'y sentez pas circuler la sève, chrétiens ou non, révérez, baisez le signe qu'elles portent. Ici il y a quelque chose de grand, d'éternel  ».
Une hymne du IX° siècle résume en termes admirables le rôle de Notre Mère, la Cathédrale  :
«  Elle resplendit au royaume céleste,
L'éternelle et noble cité de Jérusalem,
Qui est notre haute mère à tous.
Le Roi éternel l'a créée pour les bons
Comme la digne patrie
Où, heureux et sans maux,
Ils se réjouissent sans fin.
Ses nombreuses maisons
Sont contenues dans de vastes murailles,
Car chacun reçoit sa demeure
Qui correspond à ses actions.
Mais, en retour, il est favorisé
D'une récompense commune,
L'amour unique
Qui les embrasse dans ces murs sacrés.

Le message des constructeurs de cathédrales - Christian Jacq

 

Au lieu de m'étaler en interprétations personnelles inutiles ; je m'en tiendrai à partager ci-dessous un florilège (subjectif) d'extraits donnant matière à réfléchir, et envie de lire l'ouvrage dans son intégralité (un crayon à la main pour marquer les passages importants !). NB  : la symbolique des différentes parties de la cathédrales est indiquée en pages 157-158.
La reconstruction de Notre Dame est moins anodine qu'il n'y paraît ; si elle est faite en conscience, c'est la société qui sera réparée en parallèle, cf les citations ci-dessous. Quant au temps réservé à cette tache d'ampleur ; comme pour chaque chose, « le temps nécessaire » est en général la durée idéale.
C'est parti  :

(…) il faut voir dans cette composition symbolique l'affirmation de la Vierge comme trône de la Sagesse.

Il aurait pu dire, comme Jean Balard étudiant la symbolique médiévale  : « Qu'on ne nous reproche pas une évasion hors d'un présent aux terribles urgences : il n'en est pas de plus grande que le besoin de rétablir le sens éthique et de recréer notre vie intérieure. (...)
Pour l'homme de science, indissociable de l'artisan, le monde visible n'a de signification qu'en fonction du monde invisible. Aussi la science médiévale, avant sa corruption par le rationalisme, s'adresse-t-elle surtout à ce que l'on nomme, d'un mot vague mais encore parlant, l'âme. (…)
Dans chaque phénomène apparent, dans chaque manifestation naturelle, il y a quelque chose d'utile pour l'épanouissement de l'être. Quelque chose que ne découvriront ni l'érudition, ni la compilation, ni la dissection, mais le contact fraternel avec le cœur du vivant.
Si la terre n'est pas divinisée, elle n'est plus habitable, car elle cesse d'être le trône de la divinité. La divinisation de la terre est toujours à recommencer ; rien de plus fragile, rien de plus précieux.
La science du Moyen Âge, celle que pratiquèrent les Maîtres d’Œuvre, ne se veut pas théorique. La théorie est bavarde, gratuite ; seul compte un empirisme noble, où la main et l'esprit travaillent ensemble. L'intelligence est comprise comme l'art de rassembler ce qui est épars, non comme la faculté perverse d'analyser et de dissociation.

Les textes les plus sûrs sont les Légendes, du latin legendia, « ce qui doit être lu ». Par une curieuse, et souvent regrettable, inversion des valeurs, nous croyons souvent aujourd'hui que la légende concerne le domaine de l'irréel alors qu'au contraire, elle nous parle du plus réel, du symbole.

L'homme du Moyen Âge des cathédrales ne fait pas « son » art. Il remplit un devoir de sacralisation, il ennoblit la plus petite parcelle du réel. Car l'art dans lequel il intègre sa pensée est beaucoup plus que lui-même, beaucoup plus qu'un individu ; il représente la vision d'une communauté de l'intérieur.

L'idée la plus fausse, selon les constructeurs, est que le mal réside dans la matière. Seules des Églises moralisantes, des sectateurs déséquilibrés peuvent prétendre une pareille chose. Chacun sait que mépriser ou négliger la matière, c'est se rejeter soi-même, c'est nier tout principe d'harmonie.

Les savants qui se croient « objectifs » violent la nature. Le savant du Moyen Âge s'unit avec elle, accomplit un mariage sacré avec les signes tangibles que la divinité a placés sur son chemin.

Le Moyen Âge, comme les civilisations traditionnelles, pense qu'il n'y a pas de tâche plus vitale que de concilier l'immuable et le mouvant, de réussir la « conciliation des contraires », qui est le premier pas de l'initiation, la première opération du Grand Œuvre alchimique. En cas d'échec, l'homme se brise en « esprit » et en « matière », la société s'enfonce dans la politique, l'économie, les conflits internes où les hommes étouffent.

Ainsi faut-il construire sur la terre des temples, des cathédrales, des Notre-Dame afin que le monde d'en bas soit en correspondance avec le monde d'en haut. Ainsi, chacun aura devant les yeux une image de l'architecture secrète du monde et pourra consacrer sa vie à le déchiffrer.

La lumière qui se trouve là ne se rencontre nulle part ailleurs ; dans la cathédrale, on ne détruit pas, on transforme tout ce qui se présente par le processus de la transmutation alchimique. Il n'y a plus de puissant et de faible, de grand et de petit ; sous les voûtes de la Notre-Dame, c'est l'essentiel d'un être qui se révèle. (...)
Si la naissance de la cathédrale est le fait des bâtisseurs, son existence quotidienne est placée sous la responsabilité de tous.

Si, à partir du XVI° siècle, l’église s'est enfoncée dans l'ennui et dans la grisaille, si elle s'est coupée du monde des bâtisseurs, de l'initiation et de la symbolique, c'est parce qu'elle ne sait plus rire d'elle-même. En se prenant au sérieux, elle a oublié des valeurs fondamentales.

Chaque lieu saint est, selon la formule de Lehmann, un « laboratoire d 'énergie universelle  ».

« En effet, c'est une chose réellement admirable que, dans sa petitesse, l'église soit semblable au vaste monde. »

Ne confondons surtout pas l'initiation avec l'acquisition de pouvoirs personnels. Les chapiteaux du Moyen Âge nous mettent clairement en garde contre cette tendance qui égare tant de chercheurs.

Quand les Maîtres d’Œuvre construisaient des églises chrétiennes sur les ruines de temples païens, ils vivaient l'âme de la Tradition qui intègre tout et ne détruit rien.

Les symboles sont les lampes sur notre route, les étoiles qui nous guideront pour sortir d'une existence anarchique et devenir un homme nouveau, une pierre de la cathédrale qui s'édifiera jusqu'à la fin des temps.

Il serait regrettable de regarder l'art médiéval à la manière du touriste trop pressé, qui passe dans sa propre existence sans y prendre garde, ou de l'érudit qui refuse toute perception sensible.

 

Pour terminer sur une note plus légère ; je vous parlais des boîtes à livres et des synchronicités : voici ma dernière trouvaille lors d'un petit troc  ;
« Anthologie de la poésie française » de Georges Pompidou,
qui rappelons-le, était agrégé de Lettres (même que mon père l'avait eu comme professeur de latin à Henri IV ; ça ne s'invente pas !). Un livre à garder.
Pour les temps actuels et à venir ; on a besoin de fraîcheur enfantine pour nous préserver de la corruption, de poésie pour nous préserver du découragement, et d'activités manuelles et de Nature pour nous préserver du stress et de la colère ; on rajoutera une bonne grosse dose d'humour pour ne pas se prendre au sérieux ou dramatiser pour rester créatifs : l'indispensable panoplie du Castor Junior !!!

Bonne lecture et bonne cogitation à vous   :)

À vrai dire, les vers ne sont qu'une des multiples expressions possibles de la poésie. Celle-ci est ou peut se trouver partout. Dans un roman comme dans un tableau, dans un paysage comme dans les êtres eux-mêmes, se manifeste parfois je ne sais quelle puissance de rêve, parfois encore une pénétration singulière, une sorte de plongée dans les profondeurs, provoquant chez le lecteur ou le spectateur une joie mélancolique, une tristesse complaisante ou désespérée, ou encore une jubilation soudaine, qui sont quelques-uns des effets de la beauté poétique.

Anthologie de la poésie française - Georges Pompidou

 

PS  : niveau travail  ; un livre de psychologie passionnant en cours d'illustration à découvrir dans quelques mois, et le peaufinage de mes projets d'édition avant de démarcher les éditeurs ; il faut bien se lancer à un moment ou à un autre, c'est imminent... À suivre donc.

Publié dans COUPS DE COEUR

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CQFD (la poésie de la vie)

Publié le par severine

Jung parlait des "synchronicités" de la vie ; en voici une bien jolie.
Mon dernier article traitait, entre autres, du printemps des poètes et des brocantes. J'ai trouvé dimanche dernier un recueil de poèmes datant de 1952 à un vide-grenier !
Des œuvres de poètes du XV° au XX° siècle y sont rassemblées par René Poirier, à l'attention de la jeunesse (et quand on lit certains poèmes présentés dans ce recueil  ; on se dit qu'on sous-estime beaucoup la jeunesse aujourd'hui ; j'dis ça j'dis rien). Toujours les merveilleuses illustrations de l'époque  ; ici les aquarelles de Marc Dœlitz. Merci brocabrac ! N'hésitez-plus, laissez-vous surprendre. Les boîtes à livres qui commencent à fleurir un peu partout dans nos villes ne sont pas mal non plus pour se procurer des bouquins, ou pour alléger utilement sa bibliothèque.

 

J'ai déniché cet ouvrage fleuri sur le petit stand d'un brocanteur (aux tarifs de marché aux puces). À première vue je n'imaginais pas trop ce dernier lisant de la poésie, mais me voyant craquer pour le livre  ; il m'a ramené de sa camionnette, pas pour me le vendre mais pour me le montrer, un petit livre relié à l'ancienne du "Cantique des cantiques" (rien de tordu dans la démarche : une esthétique on ne peut plus sobre à l'intérieur !). Il ne l'avait pas encore lu, mais il le gardait comme un talisman ; le livre numérique ne détrônera jamais le livre objet, jauni et parfumé de temps qui passe. C'était vraiment touchant de le voir serrer le livre en question contre son cœur ; comme quoi ! Il m'expliquait qu'il attendait d'avoir moins de soucis pour se plonger dedans. Pour l'avoir testé et vérifié plus d'une fois  ; c'est justement au cœur des difficultés (quand on est bien chamallow) qu'on est le plus à même de se laisser toucher par la poésie, et donc le plus à même d'en saisir la beauté et les messages qui réparent un peu tout. La friandise suprême étant de recopier ses strophes préférées dans de jolis carnets, pour les relire souvent (un peu de romantisme échevelé n'a jamais fait de mal à personne ; lâchons-nous un peu !).
Bon printemps des poètes à toutes et à tous  !

Ne vous plaignez pas trop d'avoir un cœur très sombre
Vos yeux seront plus beaux quand vous aurez pleuré,
Il naîtra de vos pleurs, il va croître à votre ombre
Quelque lys inconnu qu'on n'a pas respiré.

Gérard D'Houville (Marie de Heredia) - Consolation

Publié dans COUPS DE COEUR

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FEMMES, POÉSIE, NATURE ET CRAYONS

Publié le par severine

Bientôt le 8 mars : journée des droits des femmes oblige  ; je continue la tradition d'un article annuel pour présenter mes coups de cœur et découvertes sur le sujet.
Pour celles et ceux qui seraient passés  à côté  ; je vous propose 3 séries d'émissions radiophoniques (France Culture), qui parfois nécessitent de se pincer pour réaliser qu'on a bien entendu ce qu'on vient juste d'entendre... (Beaucoup de radio sur mon site oui  : j'ai dit adieu à la télévision en quittant Paris en 2012 : liberté !).
Au menu  :

・    4 émissions d'une heure sur les sorcières (comprenez "femmes qui ne sont pas sous la tutelle d'un homme")
・    4 émissions d'une heure sur les menstruations  ; sujet plus que tabou, et pourtant rien de plus naturel ; les femmes ne sont pas des monstres.
・    10 émissions de 30 min sur l'itinéraire de la solitude féminine, où l'on découvre les conditions de l'apparition des premiers métiers typiquement féminins, et tous les sacrifices personnels qui les accompagnaient.

À écouter plusieurs fois je pense, pour désinstaller les programmes limitatifs et obsolètes de la bécane... Y'a du boulot   ^^
Cliquez sur les vignettes ci-dessous pour accéder à ces contenus  :

 

Tant qu'on est en mars  ; quand la Nature se réveille, le grand papillon de la Poésie déploie ses ailes  !
Du 9 au 25 mars aura lieu la 20° édition du Printemps des Poètes  ! De quoi glaner de jolis poèmes et citations pour remplir ses petits carnets  ; c'est tellement agréable d'avoir de jolies pensées sous la main quand on a besoin d'un brin de douceur ou d'une étincelle d'inspiration.
Thème de cette année  : la Beauté  ! Je ne peux qu'adhérer à ce choix comme une moule adhère à son rocher   :0)  Pas besoin d'être un spécialiste ou de tout comprendre de la littérature poétique  : juste besoin de se laisser toucher et embarquer, pour laisser tomber les armures trop lourdes, arrêter de lutter (contre quoi ?) et se laisser envelopper par du tout doux  ; parce que le monde n'est pas qu'un monde de brutes épaisses : il y a autant de mondes que d'êtres humains, chacun a le sien. C'est le cadeau de l'art et de la polarité féminine  : une porte vers l'abandon (à la Vie).
Cliquez sur la vignette ci-contre pour découvrir le programme.

Le 15 mars verra aussi le retour de deux grands poètes dégingandés, au travers de "6 1/2", un album tout beau tout neuf  : les Innocents  ! On peut découvrir deux extraits en avant première  ; comme d'habitude ciselés à souhait,  drôles, touchants,  tendres et frais, vous collant un sourire béat sur la bobine pour toute la journée : de vraies mélodies (ce qui me manque le plus aujourd'hui) et de vrais petits morceaux de sucre de Mary Poppins  ! Plus de 30 années passées à faire rimer la langue française avec une rare poésie  ; plus le temps passe, plus je les adore ; leurs albums devraient être remboursés par la sécurité sociale tellement ils font du bien   :0)
Cliquez sur la vignette ci-contre pour découvrir deux chouettes ritournelles.

Sur le sentier de la beauté nous avançons sans souci des épines, parce que chaque catastrophe a côtoyé le sublime.

Alejandro Jodorowsky – Dire ne suffit pas

Après les femmes et la poésie, passons à la Nature :
l'heure du jardinage à sonné  !

C'est le moment de cocooner ses plantes, et de s'en procurer de nouvelles (même si la place commence à manquer...). Quelques liens utiles pour s'y (re)mettre  : le calendrier lunaire qui présente les travaux appropriés selon les différentes phases de la lune (testé et approuvé), les dates des trocs aux plantes en France, et les dates des vide-greniers et brocantes  ; où en plus de s'équiper joliment pour une bouchée de pain, on peut trouver de jolies boutures  ! (La seconde main est une solution d'avenir : humaine et anti-gaspillage ; écologique en un mot. Elle a aussi la vertu d'éloigner de l'uniformisation ; que demande le peuple !).
Cliquez sur les vignettes ci-dessous pour accéder à ces différents sites  :

 

Et pour terminer l'article  ; quelques nouvelles niveau travail  :
・    Dans quelques mois je pourrai vous montrer les illustrations que j'ai réalisées pour Maped l'an dernier  : un chouette gros projet pour une chouette marque française  ! (Que je n'ai pas démarchée ; 9 fois sur 10 je travaille avec des personnes que je n'ai pas démarchées, et je n'obtiens pratiquement aucun retour de celles que j'ai démarchées : on ne peut décidément appliquer aucune recette miracle dans ma branche).

・    Niveau édition  : je suis en recherche d'un éditeur pour 4 livres ; 3 livres de coloriages-documentaires de 64 pages, et un artbook de 92 pages qui était en gestation depuis 7 ans, et que je viens de terminer... Un vrai morceau de moi celui-là, sur un thème qui me tient plus qu'à cœur.
Encore un peu de patience pour concrétiser tout ça (surtout pour moi) ; sachant que mes projets ne rentrent pas dans les cases, et que malheureusement aujourd'hui, il est plus simple de rentrer dans les cases pour faire éditer un livre. Et pourtant le principe et l'intérêt de la branche créative c'est justement de ne pas rentrer dans les cases pour s'enrichir des différences ; j'en perds mon latin par moments.

À suivre en un mot.

 

Publié dans COUPS DE COEUR

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SURVIVRE À LA FIN DE L'HIVER

Publié le par severine

Pour beaucoup (dont moi), février est le mois le plus délicat de l'année  ; le tout étant de "survivre" à la fin de l'hiver  ; après tant de semaines où l'on oublie que le ciel est bleu et que le soleil existe, d'autant plus que la neige s'est invitée depuis ce matin sur Fontainebleau et ailleurs  !
Une clef peut-être au travers de la neige  : oublier toutes les petites douleurs physiques et morales en se roulant dans de gros pulls et un plaid polaire pour se nourrir de merveilleux, de poésie et de douceur (de l'engrais et de la lumière intérieurs pour maturer ses bourgeons)...

Je propose quatre remèdes testés et approuvés  :

 

・    Un petit documentaire sur les Géants danois (j'aurais envie de dire les Trolls) en palettes recyclées de l'artiste Thomas Dambo (qui a peut-être juste rendu visible ce qui ne l'était pas...).

・    Un joli recueil de contes de Hans Christian Andersen autour de la nature  ; où l'on s'émeut de l'aura extraordinaire que la moindre petite fleur et que le moindre objet du quotidien ont pu développer dans le cœur des scandinaves, au fil des longs et rudes hivers de chez eux. À la lecture de ces contes philosophiques (les moins connus d'Andersen mais sans doute les plus intéressants), les fans de botanique porteront un regard nouveau sur les belles à corolles, et tout un chacun sera tenté de se demander ce que pense sa théière...

・    Tant qu'on est dans les histoires, autant dévider le fil avec 4 émissions radiophoniques à podcaster sur le thème des contes (sachant qu'il y a conte et conte, et qu'on estime que les innombrables contes de notre monde découlent de 200 souches... Une idée à creuser pour ré-insuffler de l'humanité à nos sociétés par un autre biais que la religion ou les cours d'éducation civique).

・    On bouclera la boucle avec 5 entretiens radiophoniques avec l'elficologue Pierre Dubois, qui nous rappellent que le monde est fait de différentes couches superposées, visibles ou invisibles, mais liées les unes aux autres  ; y croire étant peut-être le moyen de les rendre visibles, ou plutôt de les empêcher de disparaître...

La faculté de rêverie est une faculté divine et mystérieuse ; car c'est par le rêve que l'homme communique avec le monde ténébreux dont il est environné.

Charles Baudelaire


On a plus que jamais besoin de "réenchanter le monde des humains"  ;
le monde en lui même étant par nature extraordinaire et abondant  ;
il est sans doute à la base le fameux jardin d’Éden dont on parle...
Cliquez sur les vignettes au dessus pour accéder à ces multiples remèdes  !

Publié dans COUPS DE COEUR

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